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Facebook rend-il vraiment plus intelligent ?
Garder contact avec ses amis sur le site de réseau social aurait une influence positive sur la mémoire opérationnelle, selon une étude, tandis que Twitter produirait l'effet inverse. Pas forcément si simple.
Les réseaux sociaux ont une influence sur la mémoire et certains aspects de l’intelligence, quelques-uns positivement, d’autres négativement. C’est ce qu’explique dans une étude le docteur Tracy Alloway, de l’université de Stirling en Ecosse. Cette étude, réalisée auprès de 11-14 ans, montre les bénéfices de l’utilisation de Facebook pour la mémoire opérationnelle, au même titre que certains jeux vidéos. Elle pointe en revanche du doigt l’effet négatif du site de microblogging Twitter. « Twitter propose un flux sans fin d’informations très courtes, explique Tracy Alloway. L’information n’est pas traitée et l’attention est réduite ».
Les informations émotionnelles mieux retenues
Interrogée par l’Atelier, Monique Le Poncin-Séac’h, Docteur-ès-Sciences et neurophysiologiste confirme en partie ce constat. « Sur Facebook, l’information est à la fois visuelle, étant donné qu’il y a des photos, et émotionnelle, puisqu’il s’agit de rapports humains, explique-t-elle. Elle prend de la consistance et est plus facilement retenue ». Monique Le Poncin-Séac’h tient cependant à nuancer le constat fait sur Twitter. « Il faut bien voir que cette étude a été réalisée sur des 11-14 ans », rappelle-t-elle. « Quand on veut aider un adulte à sélectionner une information pertinente au milieu d’un flux d’information, Twitter peut constituer un outil très efficace. Et de conclure : « c’est une question de maturité de la lecture ».
Un lien avec l’intelligence difficile à établir
« Attention cependant, c’est l’entrée de l’information que l’on améliore, pas sa mémorisation », précise Monique Le Poncin-Séac’h.Evidemment, plus il y a d’information qui rentre du fait d’une attention accrue, plus il y a de chances qu’il y ait de l’information à la sortie.La question de la relation entre les réseaux sociaux et le QI est différente. « Le QI n’est pas centré sur la mémoire, c’est l’évaluation d’une forme d’intelligence », rappelle-t-elle. « Mais il est vrai que si l’on amène quelqu’un à se passionner pour quelque chose, il peut améliorer sa capacité de concentration et d’attention ». Concrètement, cela signifie qu’une fois sortie du contexte ludique des réseaux sociaux, cette personne fera preuve d’une meilleure capacité d’attention... quand quelque chose l’intéressera.
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