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Réseaux

Être connecté, un facteur de sociabilité ?

Pour le Pew Internet et l'université de Pennsylvanie, mobiles et Internet favorisent l'ouverture. Leurs utilisateurs mènent une vie sociale "réelle" souvent plus active que les non-connectés.

Publié le 05 Novembre 2009
Réseaux

Accuser les technologies de renforcer l’exclusion sociale ou d’accentuer les inégalités n'est pas nouveau. "Cette peur a accompagné la montée de tous les grands médias de masse sans qu’elle soit jamais vérifiée", note d'ailleurs à ce sujet à L’Atelier Eric Maigret, sociologue à l’université Sorbonne Nouvelle de Paris. Une étude de Pew Internet et de l’université de Pennsylvanie, apporte du grain à moudre aux défenseurs d’Internet : loin d’être un facteur d’isolement social, les technologies de la communication favorisent au contraire l’ouverture. En moyenne, les utilisateurs de téléphones portables et les internautes discutent de sujets importants avec un plus grand nombre de personnes. Ce réseau de personnes de confiance est aussi plus divers que chez les non-connectés.

Un réseau plus divers que chez les non-connectés

Si Eric Maigret ne remet pas en cause ces résultats, il y voit plutôt une conséquence indirecte. "Ceux qui utilisent beaucoup Internet et les réseaux sociaux ont en général un niveau social plus élevé et une meilleure connaissance de l’anglais", explique-t-il. "Ils sont aussi plus jeunes et ont donc tendance à être plus ouverts". Autre idée reçue que les chercheurs américains remettent en cause : l’internaute serait un être reclus, coupé de ses voisins et de son entourage. L’étude montre qu’au contraire, les personnes présentant une forte activité en ligne s’impliquent plus auprès d’associations locales ou de leur voisinage. Les blogueurs sont ainsi 70 % plus susceptibles d’appartenir à une association locale que l’Américain moyen. Exception notable : les utilisateurs de réseaux sociaux, type Facebook ou MySpace.

Les nouvelles technologies révélatrice d’un mouvement de fond

Ils apparaissent comme plus isolés et moins liés à leur entourage immédiat que le reste de la population. Statistiquement, être membre d’un de ces réseaux signifie qu’un individu aura 30 % moins de chance de connaître au moins un de ses voisins. Pour le sociologue français, les nouvelles technologies seraient plutôt un révélateur et un accélérateur de tendances plus profondes. "Les réseaux sociaux en ligne ont permis une explosion des ‘liens faibles’", explique-t-il. "En parallèle, il y a une relativisation de l’importance de la famille et des amis proches". Le taux de divorce a ainsi explosé, mais les familles ne disparaissent pas, elles se recomposent.

À lire aussi sur le site de L'Atelier :
À consulter également dans notre espace "Chroniques" :
Nathanael Vittrant, L'Atelier BNP Paribas

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