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Pour devenir multi réseaux, le mobile doit se dématérialiser

Le projet E3 élabore des systèmes nomades dont les fonctions matérielles seront remplacées par des applications logicielles facilement mises à jour qui s'adapteront mieux à tous types de réseaux.

Publié le 20 Novembre 2008
Image E2RII

Le nombre de moyens et de supports de communication existants est si important qu’il nous faut jongler entre eux sans qu’on s’y repère toujours très bien. D'où l'idée à la base d'un projet de recherche intitulé E3 : simplifier l'interopérabilité entre ces différents appareils et technologies. "Les utilisateurs n'ont que faire du type de matériel, d'application ou de réseau qu'ils utilisent. La seule chose qui leur importe est de pouvoir communiquer", souligne Didier Bourse, un ingénieur chez Motorola Labs qui participe au projet. L’idéal serait que tout système de communication mobile puisse automatiquement fonctionner sur n’importe quel réseau disponible sans que l’utilisateur ait à s’en soucier. Pour y arriver, les chercheurs participant à E3 étudient notamment le concept de   "reconfigurabilité de bout en bout" où de nombreuses fonctions relevant du matériel des périphériques pourraient être exploitées par des applications logicielles.

Reconfigurabilité de bout en bout

Il suffira par exemple d’acheter un téléphone et de se connecter à un réseau pour mettre à jour ces applications. Le dispositif sera ainsi adaptable à un nombre croissant de technologies permettant d’accéder à de nouveaux services. "Les fabricants pourront surtout modifier leurs standards de communications sans avoir besoin de concevoir de nouveaux équipements". Autre piste à l’étude : l’utilisation de la radio cognitive, grâce à laquelle le périphérique sera à même d’identifier les fréquences disponibles sur un réseau afin de s’y connecter. Faire cohabiter les technologies les plus diverses ne suppose cependant pas seulement l’élaboration de périphériques intelligents. "C’est aussi l’architecture même des réseaux qu’il nous faut repenser". L’objectif étant de créer des "réseaux cognitifs", c’est-à-dire dont les nœuds seront instantanément reconfigurables. Actuellement, si par exemple vous voyagez d’un pays à l’autre, c’est le réseau local qui va localiser votre mobile et router vos appels.

Radio et réseaux cognitifs

"À l’avenir, ce sera l’inverse. Mais pour élaborer de tels systèmes de communications, il va nous falloir arbitrer une juste répartition de l’intelligence entre périphériques et réseaux". Il existe certes des obstacles à l’optimisation de leur interopérabilité. Ces obstacles ne sont du reste pas seulement technologiques : le premier d’entre eux est lié aux politiques nationales d’allocation de spectre trop timides. Pour s’assurer que ses solutions ne restent pas dans les cartons, E3 travaille donc non seulement de concert avec les entreprises de divers pays européens mais aussi avec leurs autorités de régulation des télécommunications. Le projet E3 a pris la relève d'E2RII, lequel s’est achevé fin 2007 dans le cadre du sixième programme-cadre pour la recherche de l’union européenne. Trente deux organismes issus de quatorze pays y ont participé.

A lire aussi sur le site de l'Atelier : 
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