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Sur Internet, une information recherchée est une information retenue

L'internaute qui navigue en ayant une idée précise de ce qu'il cherche non seulement se souviendra mieux du contenu, mais y sera aussi plus sensible émotionnellement que s'il est tombé dessus de manière aléatoire.

Publié le 06 Novembre 2009
Internautes

Les internautes sont plus capables de comprendre, se souvenir et répondre émotionnellement aux contenus lus lors d'une recherche sur un moteur plutôt que ceux trouvés en surfant de manière plus aléatoire. Voilà ce qu'a constaté une équipe de l'université du Missouri. Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs ont proposé à une centaine de personnes de lire des articles au contenu considéré comme peu agréable sur le web. La moitié d'entre elles a accédé à ce contenu après une recherche sur un moteur : elles ont dû retrouver le site sur lequel était publié chaque article. L'autre moitié disposait déjà de cette information et a lu les textes en navigant simplement sur le site web. Afin d'estimer l'impact émotionnel de l'information contenue dans les articles, les chercheurs ont mesuré le rythme cardiaque et les mouvements du visage des personnes lors de leur lecture.

Avoir une idée précise de recherche

Résultat : ce sont les volontaires ayant accédé à l'information après une recherche qui ont montré plus d'émotions. Ils sont également ceux à avoir le mieux compris et retenu ce qu'ils ont vu sur le site. "La manière qu'ont eue les internautes d'accéder à une information a des conséquences sur leurs capacités cognitive et émotionnelle", explique Kevin Wise, co-directeur du Prime* Lab à l'université du Missouri. Selon le chercheur, le constat s'applique aussi aux sites auxquels l'utilisateur est attaché. "Les messages qui répondent aux besoins des internautes obtiennent des réactions émotionnelles plus importantes", souligne-t-il. Une conclusion facilement transposable sur les réseaux sociaux, affirme Axel Peyrière, gérant d'Edolone.

Aussi sur les réseaux sociaux

Nous avons remarqué que le retour est plus important quand on fait circuler une information sur des plates-formes comme Facebook, que si on la diffuse simplement sur Internet", explique-t-il à L'Atelier. Selon lui, l'utilisateur est plus sensible aux liens et aux vidéos partagés par ses contacts, qui ont souvent les mêmes goûts. D'où l'intérêt pour les marketeurs de cibler ces espaces. Selon le spécialiste, on peut commencer par créer un groupe de fans, diffuser du contenu dedans et interagir avec les personnes intéressées. Qui pourront ensuite partager les informations avec leurs amis, plus réceptifs. "En achetant des espaces sur Facebook, il est plus facile de joindre les gens", conclut-il. "Car c'est plus amical".

*Psychological Research on Information and Media Effects lab

À lire aussi sur le site de L'Atelier :
A consulter également dans notre espace "Chroniques" :
L'Atelier BNP Paribas

Commentaires postés : 1. Page 1 de 1.

  Gilles Repaux  Le 08 novembre 2009 à 12:54

C'est d'ailleurs LE principe de pédagogie phare qui est systématiquement oublié dans nos écoles primaires et secondaires. Quand MONTAIGNE dit "il ne faut pas emplir un vase mais allumer un feu", il ne dit pas autre chose que : "poussez l'individu à s'interroger lui-même, à agir concrètement dans la recherche d'information, pour une assimilation plus impliquante et donc plus efficace".

D'ailleurs, 2000 ans auparavant, la maïeutique ("art de faire accoucher") de SOCRATE procédait du même esprit : il n'enseignait pas mais interrogeait. La réflexion venant de l'élève lui-même, il était ainsi plus disposé à l'analyser dans toute sa complexité.

Alors, que cette méthode psycho-sociale de base soit déclinée dans la marketing des réseaux sociaux n'est pas étonnant en soi. Il est cependant toujours bon de préciser à quoi elle peut servir, dans ce domaine très précis, et de quelle manière.

1) cibler les réseaux sociaux car plus impliquants
2) Avoir un produit capable de passionner (plus efficace pour des iPhones ou du loisir que pour des produits ménagers)
3) cibler les "évangélistes" (les fans partageurs), véritables commerciaux bénévoles
4) leur donner une motivation (une récompense) et les moyens de maintenir "la flamme" (infos exclusives, rumeurs...)
5) travailler sur la starification du produit, de l'entreprise, de son représentant... pour bénéficier de leviers psychologiques forts, afin de multiplier les évangélistes

Méfions-nous de la phrase finale de ce texte ("Sur Facebook, il est plus facile de joindre les gens, car c'est plus amical"). En pédagogie, on a cru que c'était le "jeu" qui intéressait les enfants. Rien n'est plus faux : c'est le challenge et ses multiples réussites qui les passionne, et non le plaisir immédiat. De même, Facebook n'est pas "amical", il est "moteur" : il faut donner de l'énergie, et non du confort.

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