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Cyber-culture
La déferlante du socioweb et ses limites
Le socioweb, c'est quoi ? C’est le principe de Google : "Lisez les pages les plus lues" !. C’est le credo de Wikipedia : "Unissez vos connaissances pour mieux les partager" !. C’est le miel de Facebook et des autres réseaux sociaux : "Les amis de vos amis sont mes amis". Certes, l’utopie de la communauté a toujours accompagné les médias, que ce soit la presse écrite, la radio, la TV... Mais, la matrice technique restait le mass média : la diffusion y est une fonction centralisée et donc un pouvoir, quelles que soient les bonnes intentions de celui qui l’exerce. Le web permet de s’affranchir de cette matrice. C’est là que l’innovation technologique vient nourrir l’innovation sociale et organisationnelle. Ce faisant, "tout fout le camp" : la propriété, le pouvoir dans les organisations, les chemins de la connaissance, l’autorité des experts, etc. C’est la fin du monde. Pour moi, ce sont les prémisses d’un nouveau monde.
Grand chambardement ou fantasme ?
À bien y regarder, ce grand chambardement, qu’il soit réjouissant ou effrayant n’est pour l’instant qu’un fantasme. Le modèle économique d’un monde communautaire reste à inventer. L’unique ressource reste celle de la publicité, c'est-à-dire d’un mode d’échange bien établi et non innovant. Outre cette contradiction intrinsèque, la manne publicitaire ne pourra jamais financer l’énorme potentiel de service contenu dans la dynamique communautaire. Quant à la dimension sociétale, les valeureux cadres du glorieux Parti Communiste Chinois nous ont prouvé récemment que l’on pouvait contrôler le web tout en le développant. Mieux encore, ces brillants rétro-innovateurs en ont fait une arme au service du contrôle social. Alors, la fête est finie ? Si l’innovation sociale et organisationnelle tarde à venir ce n’est peut-être pas le produit de la force d’une résistance conservatrice.
Quelles innovations ?
Certes, les détenteurs de pouvoirs développent des applications web qui sont conçues pour pérenniser leur assise et maintenir les règles économiques et politiques qu’ils maîtrisent. Et toute personne ayant un minimum de responsabilité collabore à ce processus (c'est-à-dire le lecteur comme l’auteur de cette chronique). Mais, ce faisant, de nouveaux usages progressent incognito. De nouveaux points d’équilibre se dessinent. De nouveaux possibles se construisent. Il faut donc d’abord s’interroger sur la faiblesse de nos capacités d’innovation. L’innovation sociale et organisationnelle, c'est-à-dire la grande innovation, passe par l’accumulation d’une multitude d’innovations pratiques et concrètes qui prennent appui sur la dynamique du socioweb. Il nous reste donc à travailler avec ténacité pour concevoir la forme concrète des multiples services possibles, à les expérimenter, à identifier leur modèle économique. Le web est une merveilleuse promesse. Mais, c’est surtout un chantier.
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L'Atelier BNP Paribas
Commentaires postés : 3. Page 1 de 1.
MCEdgar Le 05 mars 2009 à 10:41 | |
La dernière partie de votre billet est d’une pertinence sans égal, (…. il faut relire justement M. CASTELS & J. RIFKIN). L’énergie informationnelle crée, non pas de simples produits et services supplémentaires, mais de nouvelles modalités d’échanges. | |
MCEdgar Le 05 mars 2009 à 13:33 | |
La dernière partie de votre billet est d’une pertinence sans égal, comme d’ailleurs l’ensemble de la proposition : tout est désormais dans ce que les individus sont en train de faire du Web. C’est donc aux industriels de savoir observer, relever et intégrer la dynamique sociale en émergence. Mais faut-il vraiment avoir peur de ce «chambardement» (ou plutôt de cette nouvelle configuration des pouvoirs ?) Faut-il continuer à opposer les pouvoirs des uns et des autres, les positions des uns et des autres comme au bon vieux temps de l’époque industrielle ? Il me semble que non. Pour comprendre la portée réelle du web, économique ou sociale, il faut à mon avis prendre en compte, non pas la fin du monde, mais le dépassement du celui où seul les échanges physiques créent de la valeur. La fin du monde statique. | |
DD Ra Le 01 juillet 2009 à 09:25 | |
Marrant de lire cet article datant de 9 mois... qui commencait si mal pour se conclure de façon si exacte. |






















Le 05 mars 2009 à 10:41














