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Cyber-culture

Le cerveau associe identité réelle et virtuelle des joueurs en ligne

Une étude portant sur le cerveau d'adeptes des jeux vidéo en ligne aide à comprendre comment ils s'identifient à leur personnage virtuel. Et donne aussi un éclairage sur les mécanismes qui permettent au joueur de faire la distinction entre les deux univers.

Publié le 10 Novembre 2009
Jeu video

Alors que le bien fondé des jeux vidéos fait encore débat, les chercheurs de l’Université américaine Dartmouth de Hanover se sont penchés sur le comportement du cerveau d’un joueur glissé dans la peau d’un personnage virtuel. D’après un article du New Scientist, une de leurs études a pour but d'observer la différenciation qu'opère notre cerveau entre le « moi » réel et « moi » virtuel. Et par extension, de comprendre comment de nombreuses personnes passent une grande partie de leur vie de tous les jours sur des jeux vidéo en ligne, en immersion totale. Alors qu'un jeu comme World of Warcraft (de type MMORPG) réunit chaque mois près de 11 millions de joueurs, "un non-initié aura du mal à comprendre ce qui peut pousser quelqu’un à passer 30 heures par semaine dans un monde complètement imaginaire", affirme Kristina Caudle du département de neurologie de l'université Dartmouth de Hanover dans l’article.

Deux régions cérébrales principalement stimulées

Pour réaliser cette étude, les cerveaux d’une quinzaine de joueurs réguliers ont été scannés par IRM, en dehors du jeu. Durant les tests, les participants devaient réagir à des adjectifs et dire s’ils correspondaient à leur propre personnalité, à leur personnage virtuel, à leur meilleur ami, et à leur chef dans le monde virtuel. Bilan : lorsqu’on leur demandait de penser à eux-mêmes ou à leur personnage virtuel, comparé aux autres personnes réelles ou virtuelles, deux zones du cerveau (le cortex préfrontal médial et le cortex cingulaire postérieur) réagissaient fortement, la première étant impliquée dans le jugement et la réflexion personnelle. Mais surtout, l’activité cérébrale dans ces régions était quasiment similaire, que le joueur pense à lui-même ou à son personnage virtuel.

Ne pas perdre ses repères

Quelques différences ont toutefois été constatées au niveau des réactions cérébrales, notamment dans la région du cerveau appelée « precuneus », impliquée dans le processus d’imagination. Cette variation d’activité explique pourquoi le joueur ne pense pas de la même manière à son avatar et à sa propre personne. Elle est également nécessaire pour de ne pas faire l’amalgame entre réel et virtuel. A l’avenir, les études devront porter sur des personnes ne pratiquant qu’occasionnellement ces jeux en ligne. Cela permettrait peut-être de déterminer si faire de faibles distinctions entre monde virtuel et monde réel rend les joueurs plus facilement « accro ».

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