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Pierre Poignant, fan de Google : «J’ai testé Gmail !»
Anaïs Grassat (l’Atelier) – Bonjour, Pierre. Comment avez-vous eu l’opportunité de tester Gmail ? Savez-vous combien de personnes à ce jour testent sa version bêta ? Avez-vous été tenté, comme d’autres testeurs, de vendre votre accès aux enchères sur eBay ?!!
Pierre Poignant - Google a commencé le bêta test de Gmail en envoyant un millier d’invitations à ses employés essentiellement. Ceux-ci ont eux-mêmes eu la possibilité de convier une ou deux personnes à créer leur boîte Gmail, et ainsi de suite. J’ai reçu il y a trois semaines une invitation de la part d’un ami qui travaille à New York, dans la finance (merci PE !). Il est donc assez difficile d’estimer le nombre de personnes utilisant Gmail à ce jour. Personnellement, je n’ai pas encore eu la possibilité d’inviter une personne sur Gmail… Mais même si ça avait été le cas, j’avoue que je n’aurais même pas pensé à vendre un accès sur eBay !!!
A.G. - Quels sont les grands avantages de cette nouvelle messagerie ?
P.P. : L’intérêt principal de Gmail est son impressionnante capacité de stockage : 1 Giga octet de données ! Un premier doute s’impose, face à une telle capacité : « comment s’y retrouver parmi 1 giga octet de messages ? ». Bien sûr, Gmail utilise la puissance de la technologie de recherche Google. Mais surtout Gmail propose de tagger les e-mails en utilisant des étiquettes (labels), qui fonctionnent un peu comme des mots-clefs (amis, Paris, université…) que l’on attache à ses messages. Un système de filtres permet d’appliquer des labels automatiquement.
A la différence des dossiers, les étiquettes peuvent se superposer, ce qui enrichit considérablement les possibilités de classement. Ainsi retrouver des messages est très intuitif : il est possible par exemple de rechercher un e-mail ne concernant que le travail, ou bien les amis, ou encore les deux à la fois.
Sinon l’interface est familière et semblable à d’autres webmail de type Yahoo ou Hotmail. Toutefois, Gmail utilise intensément la technologie javascript et propose donc de nombreuses petites améliorations par rapport à un webmail standard : comme des raccourcis clavier, l’auto complétion du nom des contacts (ndlr : écriture automatique d’un mot à partir de la saisie de ses premières lettres) ou la possibilité de mettre une petite étoile sur certains messages (pour les emails à traiter par exemple). Mais surtout grâce à cette technologie et l’utilisation d’un système de cache, les pages sont extrêmement rapides à charger.
Donc rien de révolutionnaire, mais de nombreux détails qui rendent ce webmail largement supérieur aux offres de ses compétiteurs.
A.G. - Et quels sont les points faibles de Gmail, selon vous ?
P.P. – Le plus handicapant, c’est l’impossibilité de synchroniser son compte Gmail avec Outlook, et donc avec son PDA ou SmartPhone. Etant habitué travailler de cette manière avec le webmail de Free, c’est pour moi un véritable problème. Autre inconvénient : Gmail ne permet pas de choisir son adresse d’envoi, et donc un e-mail écrit à partir de Gmail sera obligatoirement expédié avec l’adresse <@gmail.com>.
Sinon s’il est possible d’afficher les e-mails au format HTML (sans les images), il n’est pas possible d’en écrire. Et enfin, il faut préciser que la technologie javascript n’est pas accessible. Il est bien dommage que Gmail n’ait pas pris en compte cette problématique (voir le programme de la conférence de l’Atelier sur l’accessibilité).
A.G. - Vous parlez de capacités de stockage impressionnantes ? Quel type de données souhaiteriez-vous stocker ? Des films, de la musique… ?
P.P. : Je ne crois pas que ce Gmail soit très pratique pour stocker de la musique ou des films. Par contre, avec un Giga, il est beaucoup plus facile de conserver des pièces jointes, tout particulièrement lorsque l’offre de messagerie est alliée à un outil de recherche efficace qui permet de retrouver aisément d’anciens messages.
A.G. - Qu’en est-il de l’inclusion de publicités ? Les annonces sont-elles réellement mêlées aux messages que vous envoyez et que vous recevez ?
P.P. : Les e-mails sont analysés par Google ; en fonction des mots et des expressions repérés, des publicités en relation avec le(s) sujet(s) de l’e-mail s’affichent sur la droite de l’écran. Par exemple, un e-mail qui inclura les expressions « Harry Potter », « cinéma » et « restaurant chinois » sera accompagné de liens sponsorisés vers les restaurants asiatiques de San Francisco, le programme des salles de cinéma, etc. Il est probable ensuite que la pertinence des liens augmente avec le nombre d’utilisateurs et d’annonceurs que fédère Google.
Globalement, il faut quand même noter que les annonces (situées à droite de l’émail comme sur Google) sont plutôt discrètes : après une heure ou deux d’utilisation, on a vraiment tendance à les oublier.
A.G. - Entre Gmail, gratuit mais qui inclut des publicités, et l’offre concurrentielle de Lycos qui promet 1 gigaoctet pour 5,15 euros par mois, mais sans publicité, (voir article 19.05.2004)quel choix faites-vous ?
P.P. : Les deux offres sont différentes, Lycos propose beaucoup plus de services comme :
- La synchronisation Outlook,
- l’envoi de SMS (30 gratuits par mois),
- l’agrégation d’autres comptes e-mail,
- des pages sécurisées SSL,
- et la possibilité d’utiliser son propre nom de domaine.
Le choix de Lycos ou Gmail est très déterminé par l’utilisation que l’on souhauite faire de son webmail… Personnellement, je serais sûrement prêt à payer pour les services supplémentaires de Lycos, qui en plus n’a pas cédé à l’inclusion de publicités !
Propos recueillis par Anaïs GRASSAT pour l’Atelier BNP Paribas
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